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Q’s Legacy – Helene Hanff

Q’s Legacy – Helene Hanff
Penguin, 1986, 192 pages


« Q and I first met on a summer morning when I was eighteen, at the main branch of the Philadelphia Public Library where I’d gone in search of a teacher; and I took him home with me despite certain doubts about his fitness for the post. »


Si vous avez lu et aimé 84, Charing Cross Road, voire La duchesse de Bloomsbury Street, et que vous pouvez lire en anglais, alors ne ratez pas ce livre-ci. Si vous n’avez pas lu, ne serait-ce que 84, commencez par vous jeter dessus. Ce billet ne contient aucun spoiler concernant tous les livres cités.

Helene Hanff nous raconte dans ses mémoires, comment tout a commencé (c’est d’ailleurs le titre du premier chapitre) et, comme elle doit son apprentissage de l’art d’écrire à Sir Arthur Quiller-Couch (« Q » pour les intimes), elle a souhaité lui rendre hommage en nommant ainsi ce livre dédié à sa mémoire.

Helene Hanff n’a pas pu suivre véritablement d’études et c’est en lisant les recueils de cours et conférences de Q qu’elle a construit sa propre éducation littéraire. Fermement décidée à écrire, elle connaîtra des situations difficiles comme de nombreux écrivains mais son acharnement sera récompensé d’une façon qu’elle n’aurait jamais imaginée.
Si l’essentiel du livre ne fait pas référence explicitement à Q, le mentor de Helene Hanff a toujours été présent entre les lignes. S’il n’avait pas été là, elle n’aurait vraisemblablement jamais eu la vie qui fut la sienne et donc rencontré le succès, certes tardivement, mais succès quand même, sans parler des nombreuses amitiés qu’elle aura nouées grâce à cette aventure.


Ce qui m’a vraiment marquée dans ce livre, comme dans les précédents, c’est la personnalité de l’auteur. Helene Hanff, aussi asociale puisse-t-elle parfois paraître au premier abord, est :

1/ drôle (l’auteur a un indéniable talent pour l’auto-dérision) ;

2/ émouvante (on devine sa fragilité, son manque d’assurance, tout cela caché derrière un côté un peu bougon mais aussi derrière cet humour dont je parlais précédemment) ;

3/ humble (… « the quiet, orderly, solitary, unglamorous life I was made for. ») ;

4/ d’une nature reconnaissante (ce livre, a lui seul, en est le meilleur exemple).

Elle est, en outre, extrêmement lucide et saura garder les pieds sur terre quand le succès l’atteindra.
C’était une femme attachante qui savait ce qu’elle voulait, qui obtint plus qu’elle n’eut jamais espéré et que pourtant elle méritait amplement ne serait-ce que pour ses qualités humaines.
On ne peut que regretter qu’elle soit tombée dans l'oubli et cela d’autant plus que tous ses écrits sont relatifs à sa vie (elle n’écrivit jamais de fictions et n’en lisait pas non plus).

Je ne peux qu’encourager les lecteurs de ses précédents ouvrages à tenter celui-ci. Si votre anglais est plus que mince, c’est l’occasion de se remettre en selle. Il n’y a rien de plus motivant que de savoir pourquoi l’on suit un apprentissage. C’est d’ailleurs le sentiment que m’aura laissé Helene Hanff quand elle décida à l’âge de 18 ans d’apprendre « l’art d’écrire »…


« He knows I was never a very bright pupil. »